Ce jour dans l'histoire: 17 octobre - Maurice Papon et un massacre

Ce jour dans l'histoire: 17 octobre - Maurice Papon et un massacre

Aujourd'hui dans l'histoire: 17 octobre 1961

Vers la fin de la soirée du 17 octobre 1961, 30 000 Algériens manifestaient dans toute la ville de Paris pour protester contre le couvre-feu imposé plus tôt dans le mois par le chef de la police de la ville. Avant la fin de la nuit, au moins 200 Algériens sont morts aux mains de la police de Paris.

Les échanges violents étaient devenus courants entre le contingent parisien du Front algérien de libération nationale (FLN), chargé de libérer l'Algérie de la domination coloniale, et la police française. En trois mois, 20 policiers ont été tués.

Cela ne plaisait pas à Maurice Papon, chef de la police parisienne, qui se distinguait également par son passé de collaborateur nazi, parmi d'autres atrocités. Il était déterminé à trouver les membres du FLN responsables et à écraser leur organisation pour de bon.

Papon a proclamé que la police rendrait «10 coups à chaque coup algérien», et il était à la hauteur de sa parole. Il a ordonné des raids sur leurs communautés, instauré le couvre-feu susmentionné et exécuté cinq Algériens qui n'auraient même pas été liés au FLN.

La communauté algérienne s'est élevée au mépris de ces actions. 30 000 Algériens, principalement des citoyens français, ont convergé vers les grands monuments de Paris, notamment la place de la Concorde, les Champs-Élysées et la tour Eiffel.

La police est entrée en action. Des milliers de personnes ont été rassemblées et emmenées dans des centres de rétention. Des centaines de personnes ont été brutalement battues et assassinées de sang-froid par des policiers libérés du danger de poursuites grâce à la protection de leur chef, le chef de la police Maurice Papon.

En 1998, Raoul Letard, un policier en service ce soir-là, décrivit une recherche de deux heures menée dans la banlieue de Colombes sur des Algériens: «Nous menions la guerre et notre adversaire avait été nommé Algériens».

Les chiffres officiels communiqués par la police le lendemain étaient de 3 morts et 67 blessés, mais ce chiffre a été immédiatement escompté par quiconque aurait eu la malchance d'assister à la mort des cadavres qui jonchaient la ville et flottaient sur la Seine. La philosophe Simone de Beauvoir a rappelé dans ses mémoires Force of Circumstance:

La police a attendu que les Algériens sortent des stations de métro, les a immobilisés les mains au-dessus de la tête, puis les a frappés avec des matraques.

Des cadavres ont été retrouvés pendus au bois de Boulogne et d'autres défigurés et mutilés dans la Seine. Dix mille algériens avaient été rassemblés dans le Vél d’Hiv, comme les Juifs de Drancy auparavant.

Encore une fois, j'ai tout détesté - ce pays, moi-même, le monde entier.

Aucune enquête judiciaire n'a jamais été faite. La plupart des citoyens français ont imputé ces morts à la lutte algérienne et au terrorisme. Maurice Papon a été traduit en justice pour crimes contre l'humanité - pour ses actions pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n'a jamais eu à répondre des atrocités qu'il a commises contre les Algériens en 1961.

Ce n’est qu’en 2001 que le gouvernement français aurait même reconnu qu’un massacre avait eu lieu.

Faits bonus:

  • Outre sa conduite dans ce massacre, qui n'a été que partiellement découvert de son vivant, le récipiendaire de la Légion d'honneur française, Maurice Papon, a été dépouillé de ces récompenses et emprisonné lors de la révélation de ses activités sous le régime nazi de collaboration avec les nazis sur la traque et le retrait des Juifs de France (dont 1 690 ont été enlevés sous sa surveillance). Il a même, à un moment donné, participé à l'organisation des trains pour envoyer les Juifs dans les camps de concentration. En outre, il était directement impliqué dans la vente des actifs d'une partie des Juifs déportés. Lorsque ces actes ont été révélés, il a poursuivi en justice un grand nombre des descendants des Juifs pour lesquels il avait contribué à l'expulsion, ce qu'il a prétendu être la diffamation. Sans surprise, il a perdu ces costumes.
  • Une fois qu'il fut clair que les Allemands allaient perdre la Seconde Guerre mondiale, Papon changea de camp et commença à aider la résistance française.
  • Papon a été contraint de démissionner de son poste au sein de la police française en raison d'abus ultérieurs de son pouvoir au milieu des années 1960, à nouveau séparé de ce massacre qu'il avait contribué à dissimuler, comme son implication théorique dans la disparition du chef du parti. Conférence tricontinentale en 1965, Mehdi Ben Barka. On pense que la police l'a tué. Cela étant dit, Papon a ensuite occupé divers postes au gouvernement, dont celui de ministre du Budget, avant que ses exploits de la Seconde Guerre mondiale ne commencent à être révélés en 1981.

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